Des héros parfois bougons

Merlin

Merlin

Dans les ombres dansantes de ce feu démoniaque, Merlin parut soudain gigantesque, les yeux chargés d’éclairs, presque phosphorescents. Sans qu’il s’en rende compte, une nouvelle force venue des tréfonds de la terre avait pris possession de son corps. Une étrange aura sombre ceignait maintenant son crâne comme une couronne hideuse et démente. La fureur qui coulait dans ses veines décupla. Seul, face à la nuée pourrissante, il se sentait comme un titan devant une poignée de rats. Il n’avait plus qu’une idée en tête : les réduire à néant, les broyer, les pulvériser. Une voix qu’il avait étouffée depuis trop longtemps hurlait du plus profond de ses souvenirs, réclamant son dû : elle voulait se rassasier de la vue de corps désarticulés, elle voulait dévorer toutes ces âmes tourmentées, n’en épargner aucune. Myrdhin s’était réveillé et il était affamé.

(chap 3 "Au feu!")

 

Adélice

– Mon vrai nom est Adélice, et je suis bien une fée… voilà, je vais vous montrer ma véritable apparence. De toute manière je suis bien contente de savoir que je ne vais plus devoir traîner mes grosses fesses à faire la cuisine à longueur de journée… Je dois bien l’avouer, je déteste ça, c’est juste bon pour les nains !

Kad resta bouche bée devant le spectacle incroyable qui s’offrait à lui en même temps que la cuisinière parlait : la brave Lucette qu’il avait toujours connue ronde et vieille comme les marmites de sa cuisine était en train de se métamorphoser en une belle jeune femme d’une vingtaine d’années, grande et rayonnante. La vilaine chenille devenait sous ses yeux un magnifique papillon !

L’espace d’un instant il oublia totalement sa blessure et se sentit empli d’une sensation qui lui était jusque-là totalement inconnue. Un drôle de frisson lui parcourut l’échine, ses pupilles se dilatèrent, sa respiration s’accéléra un peu. Il venait de tomber amoureux, tout simplement. Il l’ignorait encore et mettrait du temps à l’admettre, mais la fée venait, sans le vouloir, de marquer le cœur du jeune homme au fer rouge. Il ignorait aussi qu’Adélice avait en réalité près de quatre cents ans ! Heureusement, une fée vieillit d’un an quand un homme voit vingt de ses propres années s’écouler.

(chap 7 « Un nouvel espoir »)

 

Adelice
Dorylas

Dorylas, capitaine centaure

Le quatuor était cerné. Ils se regroupèrent aussitôt, dos à dos. Chacun sortit son arme favorite : masse, épée, arc ou bâton. Presque au même moment une trentaine d’étranges cavaliers jaillirent de toutes parts, vifs et silencieux. On n’entendait que le fracas des sabots qui claquaient sur le sol. Il n’y avait que des hommes, torse nu, visage glabre encadré de longs cheveux soigneusement tressés. L’air menaçant, ils avaient tous en main une épée de métal étincelant. Kad mit quelques secondes à réaliser que ces hommes n’étaient pas de vrais hommes. En réalité, ils n’avaient pas de monture, car ils étaient leur propre monture. C’étaient des centaures.

[...] L’un d’entre eux, qui se différenciait des autres par sa carrure encore plus impressionnante et par ses nombreux tatouages aux épaules, avança de quelques pas vers eux.

(chap 15 « Morgane »)

 

Dargo

Le trio d’aventuriers finit par arriver en vue du Hérisson malchanceux. L’auberge semblait être le seul endroit encore en vie. En s’approchant, ils aperçurent un petit homme, aussi haut que large, à la barbe rousse, longue et tressée, enfilée dans un anneau d’or à son extrémité. Kad, fasciné par cet étrange individu, s’arrêta et l’observa.

– C’est un nain, lui dit tout bas Merlin. Ne le dévisage pas ainsi, c’est impoli.

– Et ils sont très susceptibles ! ajouta Adélice avec un air de méfiance. Ce n’est pas le moment de nous attirer des ennuis supplémentaires…

Un nain ? Kad n’en revenait pas. Un véritable nain de la race ancienne des nains des montagnes ! Les légendes disaient qu’ils étaient aussi forts que des aurochs sauvages et aussi entêtés que des vieilles bourriques…

(chap 8 « Dargo Brisefer »)

 

Dargo

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